Chaque année, au retour de l'automne, me vient une douce mélancolie. Comme la brume se pose sur les reliefs, elle m'enveloppe doucement et fait partie intégrante de mes plaisirs. Pourquoi ne devrions-nous être que joie et bonheur? Pourquoi les autres sentiments dont nous sommes capables n'auraient pas aussi leur moment en majesté? Je milite donc pour le droit d'être mélancolique à l'automne. 

Ce sentiment est aussi lié à l'urgence du moment, à la certitude que le froid arrive, que les beaux jours sont derrière nous et qu'il est absolument nécessaire de profiter des derniers rayons de soleil et des dernières offrandes de la nature si prolifique en été. Pour moi, il est aussi couplé aux souvenirs de mon enfance. J'ai eu la grande chance d'avoir un grand-père qui faisait son vin sur un petit lopin de vigne. L'humidité ambiante me rappelle toujours la rosée sur les feuilles de vigne au petit matin, lorsque l'on coupe les premières grappes. L'odeur de la terre qui se réchauffe comme nos muscles au fur et à mesure que la journée avance. Le goût acidulé du raisin qui croque sous la dent. Puis l'odeur si particulière de la fermentation dans l'ancestrale cuve en bois. Et plaisir suprême, le petit verre de jus de raisin, le lendemain de la vendange, pris directement au robinet de la cuve. C'est un des plus jolis souvenirs que j'ai de mon grand-père, cette connivence et cet immense plaisir, pour lui comme pour moi, de la transmission des choses...

Les goûts francs de cette schiacciata m'ont replongée dans ces instants magiques et je remercie Edda d'Un Déjeuner de Soleil pour avoir réussi cet exploit! Il ne faut pas s'attendre à une brioche bien beurrée et sucrée. C'est plutôt une fougasse moelleuse et parfumée. Je l'ai voulue encore plus rustique en la faisant avec une farine semie complète et je l'ai saupoudrée de sucre de fleur de coco. Pour le raisin, je ne peux que vous conseiller une variété très parfumée et juteuse. Et le petit plus serait qu'il n'ait pas de pépins. J'avoue que c'est assez désagréable de sentir un grain éclater sous la dent!

Schiacciata con l'uva

Schiacciata con l'uva, un plaisir rustique pour fêter les vendanges

- 300gr de farine T45

- 200gr de farine semi-complète

- 20gr de levure de boulanger fraiche

- 5gr de sel

- 50gr de sucre en poudre

- 2 cuillères à soupe d'huile d'olive

- sucre de fleur de coco

- 1kg de raisin noir type muscat

 

Mélangez la levure avec 100gr d'eau tiède et 50gr de farine prélevée sur la totalité. Réservez et laissez la levure s'activer pendant environ une demie heure.

Dans le bol du robot, mélangez le reste de la farine, le sel, 50gr de sucre. Ajoutez le mélange de levure, 150gr d'eau tiède et une cuillère à soupe d'huile d'olive. Pétrissez pendant au moins 10 minutes, ou jusqu'à ce que la pâte soit bien souple et qu'elle se détache des parois du bol. Formez une boule et laissez lever 1 heure à l'abri des courants d'air, sous un torchon propre. La pâte doit doubler de volume.

Préchauffez le four à 200°C.

Lavez le raisin et détachez les grains.

Dégazez la pâte et partagez-la en deux pâtons. Etalez le premier en rond, de la taille de votre moule. Déposez-le au fond du moule beurré et fariné. Recouvrez-le de 20gr de sucre de coco et de la moitié des raisins. Recommencez avec le second pâton. Avant de disposer les raisins et de saupoudrer de sucre,  badigeonnez le second pâton d'huile d'olive.

Enfournez pour environ 30 minutes. Surveillez la cuisson pour obtenir une jolie coloration. 

Dégustez cette fougasse encore tiède. Elle ne se conserve pas très bien, donc n'hésitez pas à la finir sur le champ!

Schiacciata con l'uva

Schiacciata con l'uva

 

Schiacciata con l'uva